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 Klyde Hurt ☛ "Insérer un titre original ici."

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Mon Être Intérieur : Philosophe caractériel
Messages : 41
Date d'inscription : 06/08/2017
Klyde Hurt

- "Ma philosophie est arrogante et ma tristesse est haïssable." -

Informations
carte d'identité

AGE :
Vingt-neuf ans
DATE DE NAISSANCE :
19 Juin 1988
LIEU DE NAISSANCE :
Montréal
ORIGINES :
Montréal
NATIONALITE :
Québécoise
ORIENTATION SEXUEL :
Compliquée mais ouvert d'esprit
STATUT MATRIMONIAL :
Libre
ETUDES :
Détenteur d'une licence de Lettres modernes et d'une licence en psychologie
ACTIVITE PROFESSIONNELLE :
Ecrivain
GROUPES :
Lycanthrope
AVATAR :
Xavier Dolan
ARGENT :
♣♣♣♣
Petits Plus
Annecdotes
☛ Que trouve-t-on dans votre garde-robe ?
Bien peu de choses. Je porte les mêmes fringues en boucle et le même vieux blouson. L'importance de l'apparence est infime.

☛ Combien de fois allez vous chez le médecin par an ?

Jamais. Je n'aime pas qu'on me touche.

☛ Quelle est votre opinion sur la famille, les amis ?
Je n'ai pas le sens de la famille, j'ai d'ailleurs perdu la mienne de vue depuis longtemps. Quant aux amis, je n'en ai jamais eu : je n'ai pas assez confiance en mes semblables et ceux-ci manquent d'interêt.

☛ Quelle est votre opinion sur la religion ?
D'après l'Association de Défense de la Famille et de l'Individu, la définition d'une secte est la suivante : groupe dans lequel on pratique une manipulation mentale qui entraîne endoctrinement, contrôle de la pensée, viol psychique, destruction de la personne et de la famille, voire de la société. Afin de préserver la laicité, je vais plutôt me contenter de dédier cette définition qui saura alimenter la reflexion des personnes un temps soit peu cultivées.

☛ Quelle est votre opinion sur la sexualité ?
Je n'ai pour elle, que de rares attraits.

☛ Que pensez-vous de Los Angeles ?
Elle est synonyme de renouveau et de rédemption.

☛ Aimez-vous votre activité professionnelle ? Pourquoi ?
Mon métier d'écrivain est l'aboutissement de mon essence

☛ Connaissez-vous ce qui se cache dans l'ombre de Los Angeles ?
Moi-même je me cache dans cette ombre. Comment pourrais-je ne pas connaitre ceux qui me traquent et ceux qui me servent de proie ? 

☛ Si oui, quand avez-vous été confronté au surnaturel pour la première fois ?

Mon premier souvenir surnaturel, et je pense le plus intense qu'il est possible de ressentir, fut celui de ma première transformation de lycanthrope. Brutale et traumatisante.


☛ Si vous aviez une machine a remonter le temps, à quel moment de votre vie retourneriez-vous ?
Notre vécu vaut-il réellement la peine qu'on le revive ? Je suis de ceux qui pensent que, quelque soit nos choix, il y a toujours un quota de douleur à respecter. Nous sommes destinés à faire des erreurs. Alors peu importe de revivre lorsque l'on ne sait déjà pas comment vivre une première fois, ne pensez-vous pas ? 

Souvenirs
mieux cerner le personnage

☛ Quel est votre souvenir le plus amoureux ?
Je me souviens de ces deux étudiantes. Éméchées, certes, mais passionnées. Il y avait quelque chose en elles qui faisaient vibrer mes tripes. Rien de sexuel, non. Mais à l'instar d'une inspiration ou d'un espoir, j'avais de toutes mes forces et de toute ma volonté, envie de croire en ce phénomène amoureux qui éveillait tant ces enveloppes charnelles. Et même si ces sentiments ne sont pas les miens, c'est de loin la chose la plus forte dans ce domaine que j'ai pu ressentir. 

☛ Quel est votre souvenir le plus humain ?
Cela dépend ce que pour nous signifie "humain". Ce qui pour nous, définit notre espèce. Est-ce cette la générosité morale au quelle on l'associe ? Est-ce son égoïsme et son instinct de possession ? Sa soif de conquérir et de détruire ce qui ne peut plus l'être ? Ou y a t-il d'humain en l'humain sa fameuse faculté à ressentir davantage par "l'amour" ? La question est subjective et puisque, je le présume du moins, ma façon de penser n'est pas la même que la vôtre, vous risqueriez d'être déçu de ma réponse. 

Mieux vous connaître
ce qui se cache derrière l'écran

PSEUDO :
Kurt
AGE :
Vingt-trois ans
PAYS :
France
COMMENT AVEZ-VOUS CONNU LE FORUM ?
Grâce à Pokémon Go.
DOUBLE COMPTE ?
Klyde est bien trop unique pour qu'on puisse rivaliser avec lui.  Langue
NOTE DU DESIGN DU FORUM :
Lapin/10
MOYENNE DE MOTS/LIGNES PAR RP :
Six cents quarante-trois. Non serieusement, est-ce que quelqu'un a déjà vraiment répondu à cette question ?

avatar ☛ Xavier Dolan, dans le rôle de Klyde Hurt




histoire

- "Mais le fleuve de ma foi enfante d'une colère intarissable" -




               
Montréal, en Mars 2017

"Continue de me suivre et je t'ouvre de bas en haut." 
Malgré tout légèrement surpris que je me sois si spontanément retourné pour m'adresser à lui, je n'eus en guise de réponse, qu'un rire méprisant. Les battements furieux de mon cœur servaient de moteur d’adrénaline à une colère ascendante. J'aurais voulu lutter pour ne pas agir mais je savais que c'était une peine perdue d'avance pour avoir déjà essayé de nombreuses fois. Je saisis mon couteau papillon dans ma poche, mis ma main gauche sur son épaule et plantait la lame courbe dans le nombril de l'homme de l'autre main. L'instant qui suivait, il était tétanisé par la douleur. Malgré tout, sans savoir par quel effort surhumain il y parvint, il réussit à me planter son couteau entre les côtes. Tout en serrant la poignée de ma lame, j'avançais mon visage pour lui murmurer à l'oreille :"Pour les êtres comme moi, c'est de l'argent. Amateur." Le sourire qui résultait de son coup qu'il me pensait fatal s'effaça pour se laisser dévorer par la frayeur. Avec ma force accrue, je n'eus aucun mal de fendre son corps en deux : ouvrant son ventre dans un bruit de craquement sourd, découpant son plexus d'un coup sec et prolongeant la plaie béante jusqu'à sa mâchoire. Dans un même mouvement, ses entrailles, ses organes et une immense gerbe de sang chaud vient s'écraser sur le sol dans une flaque sombre fumante. Je lâchais l'emprise que j'avais sur son épaule pour laisser le cadavre prit de spasmes retomber lourdement sur le sol. Mes chaussures étaient sales, maintenant.

Au moment même où le corps dégageait mon angle de vue, ce qu'il me semblait d'abord être un éclair y apparut et vient me toucher au flanc droit. Mes nerfs à vifs rendirent ma colère plus oppressante encore. Je regardais mon vieux manteau transpercé par une seconde lame, un peu plus enfoncée encore. Malgré ma résistance, ne nous mentons pas : ça faisait mal. Je relevais le regard pour découvrir face à moi, une chasseresse dont le regard vagabondait entre le cadavre de son partenaire et les efforts que je faisais pour retirer les deux poignards. Il ne me fallut qu'une poignée de secondes, quelques éclats de douleur et un brin de détermination pour libérer complètement ma chair, à la suite de quoi je les relançais non sans mal à leur nouveau destinataire. L'un fut esquivé, l'autre trouvera son chemin dans l'estomac. Elle s'enfuit.

Le rayonnement de l'astre lunaire rendait la nuit suffisamment claire pour que je puisse y distinguer clairement formes et silhouette. Je marchais sur les toits plats de Montréal, le souffle écourté, après une grimpe compliquée. D'un calme retrouvé, je suivais avec un sourire l'odeur de sang que préservait le froid qui accompagnait les traces de semelles ensanglantées. Ma proie s'était arrêtée. J'avais la certitude qu'elle s'était cachée quelque part par ici. Un peu plus loin, je l'aperçus assise au sol, adossée à une cheminée, pressant ses deux mains contre son estomac perforé dans laquelle ma lame était encore engouffrée. Le sang remontait dans sa trachée et commençait à la faire suffoquer. Je m'accroupis face à elle, fixant son regard sombre. Nos visages à une douzaine de centimètres l'un de l'autre. Le silence était tacheté des gargouillis de son agonie. Je levais le regard vers les cieux et constatais l'absence d'étoiles avec curiosité. Ma respiration générait une buée familière qui recueilli ma fascination durant quelques secondes. J'étais distrait ce soir. Le moment et la scène qui se déroulait me donna une bouffée d'inspiration : j'entrepris donc d'écrire dans mon petit carnet de rimes tout en m'asseyant à côté de ma victime qui s'éteignait doucement. Et la ville, d'ici, avait des aires de royaume luminescent. J'assouvis ma pulsion d'encre jusqu'à ce que le dernier soupir de la chasseresse vient se perdre dans l'obscurité. Je fermais mon carnet, le cachais dans ma poche intérieure et retirais mon poignard de son estomac. Je l'essuyais avec attention grâce au pli de sa veste et m'en allais. Je n'aimais pas que des chasseurs traînent dans les parages. C'était mon territoire. Un vent nocturne glacial réveillait mon corps un peu amorphe et agissait en rappel du temps qui passait : J'avais deux cadavres à faire disparaître, et puis, il était temps de rentrer. 

La nuit fut longue. Moi qui avais un rythme nocturne, j'attendais les premiers rayons de lumière douce qui passaient entre les volets de mon appartement pour m'apaiser. La lucidité particulière qui empreint la nuit était de l'énergie pure pour mon esprit en constante réflexion. Mon métier d'écrivain en contribuait pleinement même si mon léger succès faisait de moi une caricature d'artiste fauché, je savais m'en contenter. Face à ma feuille et les ébauches de poèmes de mon prochain recueil, j'avais laissé des souvenirs m'échapper. Je lançais donc mon esprit à leurs poursuites :

                   
Montréal, Février 2007

J'imagine que si l'on venait à demander à un lycanthrope de résumer son existence, l'on attend de lui qu'il évoque sa transformation et qu'il en fasse le centre de son récit. Mais cela reviendrait à réduire le lycanthrope à sa seule spécificité. Avant tout nous sommes humainement complexes. Nous sommes une mentalité, un vécu, une existence. C'est pourquoi je vais m'abstenir de faire l'apologie de ce moment qui, vous l'aurez compris, ne suffirait pas à me caractériser. Mais aussi, je me dois d'être honnête, parce que ma première transformation est une expérience si douloureuse qu'elle en est traumatisante. Sa simple évocation me fend le corps. Cependant je me souvenais de tout. Du moins, du tout premier pilier morbide de ce temple que pouvait être la lycanthropie dont l'entrée était une agonie :

Ce fut une autre de ces nuits, dans ce qu'il me semblait être une autre vie. J'avais vingt ans et même si les choses ont peu changé je n'avais pas, voir aucune considération pour la vie. Jusqu'à en oublier que les autres, eux, savaient comment l'aimer. Elle et toutes ses illusions absurdes. Je me souviens sommairement de cette nuit où j'ai effectivement fait la relative erreur d'ôter la vie pour la première fois. On a voulu m'agresser, tenue à distance avec une arme blanche mais j'ai riposté comme je n'aurais pas dû ni pensé le faire. Je me souviens du sang sur mes mains qui, au sein de mon effroi, a attisé une sensation similaire à une fascination horrible. A mains nues, prit d'une colère ô combien familière, je me revoyais fendre le crâne de ce gamin à peine plus vieux que moi. Le rebord du trottoir était recouvert de sang mais je continuais encore, sans même m'apercevoir que dans la lutte j'avais le poignard planté entre les côtes. Ma rage n'accepta de s'éteindre qu'après quelques longues minutes. Me laissant essoufflé, à califourchon sur un cadavre encore chaud. Mon cœur battait à tout rompre, hurlant dans mes tempes de ses battements assourdissants. Le temps semblait lui, comme suspendu à mes lèvres. J'avais cette impression un peu stupide que tant que je n'ouvrais pas la bouche, tant que je ne bougeais pas, tout ça n'aurait rien de réel. Montréal fit faner ses lumières et m'offrit l'écho de mon silence. Un nouveau jour se lèverait bientôt. Et je conclus cette période de ma vie, dépressive mais tranquille, par un soupir. Un soupir étonnamment libérateur qui s'évanouit en buée. Ma dernière part d'humanité s'était évaporée dans ce quartier désert. 
                   
Montréal, Mars 2007

Ce soir là, je n'avais même pas fait attention à la pleine Lune mais je ressentis avec une atroce brutalité, son influence qui brûlait jusqu'au plus profond de mes tripes. Le crâne empli de pensée parasites à mon sommeil, je m'étais résolu à marcher comme une âme dans le néant, aux abords de la ville, me contentant de l'admirer de loin. Toute la journée, au lieu de dormir, j'avais marché. J'avais ce besoin de m'éloigner parfois, je me sentais suffoquer parmi les dunes de béton. C'est dans ce moment de tranquillité que j'ai senti l'oppression s'intensifier. Avec la tombée de la nuit, une douleur muette étreignit mes entrailles. Je n'arrivais plus à réfléchir, mon cerveau était abrité dans un chaos incompréhensible. Puis je me suis mis à courir jusqu'à ce que mes jambes me lâchent et que j'en vienne à chuter. Puis ma mémoire s'arrête là, trop altérée par la douleur omniprésente. Qui plus est, je n'ai pas envie de me souvenir de toute façon. La chair qui défigure, les os qui se brisent, le corps qui trahit la confiance que l'on avait en lui. Notre empire de vérité et de logique s'effondre pour ne laisser place qu'à la douleur inéluctable. La souffrance vous brise l'âme. 
Pendant les jours qui suivaient j'ai été cathartique, ne sortant pas de l'appartement. Le temps ne passait plus et je vécu un véritable retour à une condition de primate. Délesté de toute réflexion complexe, je n'arrivais plus à penser. Coincé en position fœtale, bien à l'abri dans l'obscurité. Etant incapable de mettre sur le papier les mots sur ce que je ressentais et ce, pour la première fois de ma vie. J'ai perdu l'appétit à la suite de ce trauma alors je me suis amaigri rapidement. Mon absence de mouvement ne me faisait pas ressentir le besoin d'énergie. Cela dura 29 jours durant lesquels j'appréhendais la prochaine pleine lune. Cet énorme fantôme blanc hantait mes insomnies comme un démon pâle. Mais elle, était réelle. Puis quand vient le moment,conscient de ma dangerosité, je me suis isolé dans les bois enneigés entre campagne et ville. Le trajet me parut durer une mille vies. Quand les premières souffrances s'emparaient de moi, comme un pantin de bois sans âme, dont les fils invisibles me désarticulaient, je ressentais sa différence. Je fus bien moins réceptif à l'angoisse, mon esprit était comme préparé sans mon consentement. Comme si la chose était normale. Il semblait que je m'accoutumais déjà à cette terreur et certainement la première transformation était-elle la plus brutale. Mon équilibre psychique et physique s'améliorèrent immédiatement durant les prochains jours et je "repris un peu du poil de la bête", si je peux me permettre. Quelque chose en moi semblait s'être brisé. Il me semblait que celui que j'avais été peu de temps auparavant n'existait déjà plus. Mais il me semblait également qu'un autre moi, si différent, prenait déjà sa place. Je savais déjà à ce moment lequel des deux j'allais nourrir.

Je repris l'écriture de mes livres en n'oubliant pas mon objectif de vie. Ce dernier était embourbé au sein même de mon encre. J'avais pour obsession d'expliquer l'existence dans son non-sens le plus total. D'une nature mélancolique, je me savais néanmoins plus intelligent que la plupart des autres êtres humains. Déjà me semblait-il que je faisais parti d'une race à part. Je comprenais avec une atroce lucidité la fragilité de nos existences. Le concept illusoire qu'était le bonheur, destiné simplement à nous donner un objectif de vie, sans lequel nous nous égarerions en nous-mêmes, errants comme des âmes en peine. J'avais la prétention d'avoir compris tout cela, exilé des codes sociaux à force d'incompréhension de ceux-ci, j'avais assez de recul pour juger ma propre société, ma propre espèce dans ses vices, dans ses instincts éhontés. Et le sacrifice de ces réflexions qui sont les miennes, la conséquence sine qua non qui accompagne ces pensées et cet intellect est ce malheur permanent qui colle à la peau. Cette solitude forcée mais instinctive. Cette protection condamnatoire, cet exil sécurisant. Il n'y a pas d'échappatoire. Le bonheur est réservé aux ignorants. En bref, je suis de ceux que l'on ne peut pas comprendre. Mais je n'ai pas la prétention de penser que je suis seul au-dessus des autres. Tout comme je ne suis pas le seul lycanthrope, je ne suis pas le seul penseur de ce monde et j'ai foi aux tristes intellects qui comme moi, recherchent à partager leur douloureux savoir. Mes livres servaient à ça, étendre ma parole, la vraie. J'avais quoiqu'il en soit, besoin d'être compris, certainement étais-je prêt à rendre les autres malheureux en brisant leurs illusions afin de me sentir un peu moins seul dans mon désespoir. A contrario d'Atlas, je n'avais pas les épaules pour porter seul la vérité du monde.

Montréal, Septembre 2011

C'est dans le but d'un jour trouver les mots que durant des années je me suis nourri des études qui m'enrichissaient l'esprit. Jusqu'au jour où je voulus entrer dans une école de philosophie, qui me semblait une juste suite après une licence en psychologie. Malgré ma nature dévoilée depuis plusieurs années maintenant, je voulais adhérer à cette école afin de connaitre chaque argument des autres mouvements philosophiques, connaitre la verve des plus grands et de les briser un à un avec la vérité de ma propre philosophie. Pour cela, il fallait rédiger une thèse sur l'existence en guise de condition d'admission. Rapidement, je fus convoqué dans le bureau du doyen de la faculté afin d'apprendre que ma philosophie ne correspondait pas aux attentes de l'école et que ma santé mentale laissait peut-être à désirer. Quelques remarques quant à une colère refoulée faisaient surface sur mon dossier et l'on me fit comprendre également qu'il était dans mon impératif de rester "maître de mes émotions." C'est dans un calme olympien que j'ai répondu ceci : "Que je sache, "philosophie" vient de termes qui signifient "amour de la sagesse" et n'est ce pas faire preuve de sagesse que d'accepter des philosophies qui ne sont pas familières aux nôtres ? " Et en guise de réponse, je n'eus qu'un silence froid. J'étouffais nerveusement un rire entre mes dents tant ma colère gonflait chaque fibre de mon être. Je ris encore tout en faisant le tour du bureau en marchant. Une fois à côté du doyen qui me regardait non sans une certaine peur, tout se passa à une vitesse démesurée. Je me souviens avoir prit son stylo plume d'une main, le tenant à la verticale sur le bureau et de l'autre main, avoir saisi l'arrière de son crâne. La seconde d'après, j'avais explosé le crâne du doyen contre la table, laissant la plume de fer s'enfoncer toute entière dans son orbite. Ma force de frappe était disproportionnée, et ma colère aussi, je le savais. Je ne pus m'empêcher de sourire de façon sarcastique : "Maître de ses émotions" qu'il disait... J'avais enfin trouvé une façon d'atteindre le cerveau des gens grâce à la plume. N'est-ce pas ce que j'avais toujours voulu ? Je ris. 

C'était la goutte d'encre de trop. Outre le fait que j'étais désormais recherché activement, cette société m'asphyxiait. Je n'avais pas ma place parce que ma pensée est différente, cet incident en était la preuve. Ne pas correspondre aux normes nous vaut l'exclusion de l'espèce, nous pousse à la marginalisation. C'est parce que des personnes pensent de façon différente qu'on les qualifie de "folles". Parce qu'elles n'ont pas la même perception de la réalité. La dépression est une nuance de folie du point de vue des "esprits sains". Alors on nous interne, parce que l'on a "besoin de repos". Il nous faut donc prendre des anti-dépresseurs afin d'éteindre note conscience jusqu'à son atrophie et qu'elle revienne à la norme. Mon mépris pour l'humanité gonflait comme une tumeur dans ma foi. 

J'avais là la preuve assez démonstrative de mon unicité et de ma supériorité flagrante. Mon cerveau n'était plus la seule partie de moi qui se trouvait davantage évoluée en comparaison à la plupart des gens de cette planète bêlante de médiocrité. Et dont son élitisme se logeait au sein de son écœurante superficialité. La société humaine était une masse informe de simples ignorants, un cancer de bêtise. Méprisables et tellement... détestables. Ces humains faits de plastique qui n'ont aucune emprise sur la réalité. J'avais sombré dans une colère bien plus sombre que l'anecdotique emportement qui m'était familier. Mais je l'étais à raison.

Québec, Les années suivantes

Pour optimiser le contrôle que j'avais sur moi, ou plutôt réduire celui que je n'avais pas, j'avais trouvé des endroits où me transformer sans attirer l'attention et où mes rares victimes étaient  négligeables. Mon existence semblait un peu moins flou, comme si j'ouvrais enfin les yeux sur ma véritable voie à l'instar de ma véritable nature. Et ces nouveaux yeux parvenaient à apercevoir ce que jamais auparavant je n'aurais ne serait-ce que soupçonné l'existence. J'avais l'impression que plus le monde dans lequel j'étais ne voulait pas de moi et réciproquement, plus j'étais attiré par l'autre, qui par ses traits surnaturels ne me donnaient plus la sensation d'être seul dans mon unicité. J'ai eu la chance que l'on partage beaucoup avec moi : un sorcier a été assez patient pour m'expliquer comment fonctionnait ce nouveau monde et les dangers qu'il abritait. Les astuces pour vaincre un vampire, l'animosité virulente entre les espèces... De quoi interagir des soirées entières au bar le plus perdu de la ville. J'ai pu rencontrer d'autres lycanthropes aux idées bien arrêtées sur la place des vampires dans cette société. Idées que je partageais immédiatement lorsque je vis le premier, par hasard pur et simple. J'avais en horreur ces créatures qui éveillaient en moi une sensation particulière à leurs présences : de la haine, du mépris et ne nous mentons pas, également un frisson d'effroi. Pour alimenter ce cocktail d'émotions nouvelles, je me suis rendu compte que j'étais trop faible face à eux. Ma solitude jusque là ma force, devenait ma faiblesse. Malgré tout, je pris la place qui était la mienne et me mit à traquer ceux qui se trouvaient là où je considérais que le territoire était le mien. A nouveau je connaissais l'adrénalhine du danger et l'excitation de l'omnipotence de la Mort : la vie reprenait son goût de défi. Pour le moment, je me contentais d'achever les vampires blessés, jouant au charognard et ce, durant les premières années. Mais néanmoins, j'y pris un plaisir non dissimulé. 
Sur mon chemin, des chasseurs sont vite apparus : mes transformations n'étant pas toujours aussi contrôlée que je l'aurais voulu. Mais tous ont péri par ma main ou par mes crocs. Malgré tout je peux compter de nombreuses blessures à mon actif. Mon inattention et mon manque d’expérience m'ont parfois coûté beaucoup. En contrepartie, mes douloureuses erreurs m'ont énormément appris. Certains humains des plus détestables ont dépassé quelques unes de mes limites en matière de calme et ont aussi malencontreusement périt. Puisque pour moi les hommes, anciennement mes semblables était dépourvus d'esprit sous toutes ses formes, inutiles, dérisoires et éphémères, ils étaient là presque matériels :ils étaient presque à mes yeux des dégâts collatéraux. Je savais que j'exagérais de les condamner ainsi, mais j'étais toujours en colère contre eux.

Cependant, bien que je sois déterminé à progresser, je me retrouvais souvent dans des impasses car seul, il était bien plus difficile de faire quoique se soit. L'on me fit comprendre qu'il était rare qu'un lycanthrope se retrouve seul sans une meute pour l'accompagner, le soutenir. Et, malgré que je sois considéré par tous comme un ermite, j'avais ce besoin, de me sentir entouré par des personnes qui me ressemblaient, qui commençait à se faire sentir comme un instinct. Un besoin que je me prétextais à des fins seulement stratégiques. Je ne savais pas comment faire, moi qui avais toujours connu que mon ombre et le silence. Je n'étais pas certain de ce que je voulais vraiment. Pour combler mon manque de force face aux vampires en pleine santé, je pensais à de multiples pièges psychologiques, multiples stratagèmes sournois, vicieux, créatifs et à mon goût, très récréatifs aussi. Mon existence possédait un nouvel épicentre des plus passionnant.  

De plus en plus d'humains périrent par ma main. Et les vampires qui s’agglutinaient au fil des années, tristes échecs de la traque des sentinelles du pays. Beaucoup venaient se cacher dans cette grande ville, espérant semer les autorités mortelles. Mais j'étais là. Jusqu'à ce que les sentinelles finissent par remonter jusqu'à moi. Néanmoins je continuais même si, sur le qui vive, je réduisis fortement mes sombres activités. La proximité des Sentinelles sur mes zones de chasse attisait mes angoisses et leurs notoriétés implacables les précédait. Au bout de quelques semaines, je décidais de tout arrêter lorsque je me sentis observé, cerné. Fruit de ma paranoïa ou réalité, cela alimentait mes doutes quant à mes actes et détériorait ma motivation. Je ne tuais plus ni vampire ni humains. Essayant de semer mes poursuivants, je serpentais la carte sans logique pour finir par quitter définitivement le pays. Malgré toutes ces précautions, je décidais de prendre le risque de revenir à ma ville natale, Montréal, avant de partir définitivement du pays à l'aube. Je voulais y passer une dernière nuit, lui dire au revoir à ma façon. Que cette ville puisse voir à quel point j'ai pu grandir durant dix ans.

Retour à Montréal, en Mars 2017

Et me voilà ici, devant ma feuille à me souvenir non sans une certaine nostalgie de tout ceci. Au lever du jour, je partirais. je quitterais ce pays qui a su accomplir à merveille son rôle d'inspiration pour partir à Harbor City. Une ville suffisamment loin où personne ne viendra m'y retrouver. Pour moi c'est une opportunité de tout recommencer. Désormais j'approche de la trentaine, j'ai fait des erreurs que je mets sur le compte de la fougue de ma jeunesse. Avec le recul de l'âge, je me rends bien compte que j'ai pu agir comme un dégénéré. Tout ça fait de moi ce que je suis et quel philosophe serais-je si je n'apprenais pas de mes erreurs ? Après tout, l'on ne parlait que de plusieurs dizaines de personnes, futiles. Désormais, je suis à la recherche de mes semblables, comme un retour aux origines de ma vraie nature. A la recherche d'un peu de sagesse. Avec l'intention de m'investir davantage, socialement du moins, au sein de la communauté surnaturelle. Mon intégration au sein d'une meute me semblait maintenant indispensable. J'avais besoin de me délester de ma solitude. Je me rends compte en comprenant cela que la lycanthropie m'a fait devenir bien plus humain que je ne le fus quand je l'étais vraiment. 
     
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Kalispel Mi-lumière Mi-ténèbres
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Bienvenue encore une fois par ici coucou

Bon courage pour terminer ta fiche Coeur
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Hey ! 
Merci de passer me faire un petit coucou pendant que je bosse sur ma fiche ça me fait super plaisir.  Dance Merci pour tes encouragements !  Thé
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Kalispel Mi-lumière Mi-ténèbres
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Bievenue parmi nous

- Fiche validée -

Appréciations

Mais t'es un malade toi ?  Happy  Happy  OMG
Encore bienvenue mon cher petit Lycanthrope ! Tu as une plume magnifique, bien que flippante..., c'est avec grand plaisir que je te valide !  Nooo (Pour ce qui est du titre, malheureusement tu ne peux pas y échapper, il faut obligatoirement ton pseudo devant pour faciliter son accès)



Bienvenue parmi nous !

Félicitations ! Vous avez réussi à passer le cap de la fiche de présentation. Vous pouvez désormais venir poster votre fiche de liens ici et votre fiche rp ici. Vous pouvez également ajouter votre téléphone . N'oubliez pas de rejoindre le flood et les jeux dans cette rubrique.

Les lycanthropes doivent choisir leur meute ici. Les sorciers doivent signaler leur Appel et leur clan dans ce bottin. Les vampire doivent ajouter leur métamorphose animale dans ce sujet.

Amusez-vous bien parmi nous et pour toute question, il ne faut surtout pas hésiter à venir nous contacter. C'est d'ailleurs pour cela que nous nous trouvons sur le header, afin de faciliter le contact avec le staff. Il suffit de glisser sur notre image et un cadre s'affichera pour nous contacter !  Coeur

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